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La demande en bois d'œuvre tropicaux, appuyée sur une filière organisée qui va de l'exploitation des arbres à leurs utilisations, a fait s'exprimer, depuis plusieurs d'années, la volonté déclarée d'améliorer la connaissance de la ressource et de développer des politiques d'exploitation durable.
Pour ce faire, il est nécessaire de mettre à la disposition des parties prenantes (scientifiques, décideurs, exploitants forestiers) des informations scientifiquement vérifiées. Or les connaissances sur les arbres exploités pour leur bois sont nombreuses, mais de nature diverse et dispersée. Elles ont été accumulées depuis plusieurs décennies par les botanistes, écologistes et forestiers sans qu'il n'y ait eu, trop souvent, d'échanges.

Le projet de rassembler et d'utiliser ces données répond à une recommandation formulée lors du séminaire relatif à "La gestion des forêts denses africaines aujourd'hui", organisé par le projet FORAFRI à Libreville, Gabon, du 12 au 16 octobre 1998 (projet conjointement exécuté par le CIRAD et le CIFOR).
Il s'appuie sur le projet RIHA (Réseau d'Informatisation des Herbiers Africains), élaboré en partenariat entre l'IRD (Institut de recherche pour le développement) et divers Herbiers africains (IFAN, DAKAR, TOGO, YA, IEC, HEFG, ...).
L’UICN (Union Mondiale pour la Nature) produit une liste des espèces menacées qui sert de référence à leur inscription aux annexes de la CITES (Convention on International Trade in Endangered Species of Wild Fauna and Flora). L’attribution d’un statut de conservation à ces espèces est effectuée sur la base d’avis d’experts et de documents bibliographiques souvent très parcellaires.
Le présent projet permettra de compléter les bases scientifiques nécessaires à l’attribution de ces statuts de conservation.
Le Web-SIG phyto-afri tel qu’il se présente aujourd’hui sera complété au fur et à mesure de l’obtention de données nouvelles relatives aux objets – les essences et espèces– dont la liste n’est pas fermée mais pourra être augmentée considérablement suivant ainsi les fluctuations des marchés et les besoins des utilisateurs.

Objectifs

Quelque soit la présentation des données, les objectifs de cet atlas de répartition restent les mêmes :
- renforcement institutionnel (traitement, gestion et valorisation des données),
- études scientifiques (aires de répartitions et variations temporelles éventuelles, phénologie et abondance en fonction des variables climatiques, études phylogéographique de certaines espèces, …),
- diffusion des connaissances et informations scientifiquement vérifiées (statuts de conservation et appui aux politiques d’exploitation durable).

Ce travail s’adresse en priorité aux scientifiques (biogéographes, taxonomistes, écologistes, etc.), aux enseignants et étudiants, aux administrations en charge de la gestion des forêts, ainsi qu’à tous les organismes gouvernementaux ou non s’occupant de la gestion de la biodiversité.

Cartes de répartition

Classiquement les cartes de répartition des végétaux sont basées sur les points de collectes des échantillons de plantes conservées dans des herbiers ou sur des généralisations à partir d’observations directes. Il est évident que, dans les deux cas, l’augmentation des références augmente la précision des cartes. En Afrique tropicale humide, le nombre d’échantillons ou d’observations sur les grands arbres est souvent faible, étant donné les caractéristiques du matériel : hauteur, brièveté des floraisons et des fructifications, dimensions des organes végétatifs et reproductifs, conservation difficile, etc. Certaines espèces sont insuffisamment représentées dans les herbiers, par contre les inventaires forestiers de toutes natures, origines et étendues, recèlent une quantité importante de données que l’on présageait susceptibles d’être utilisées et qui s’avérèrent l’être. Enfin, les relevés floristiques, d’origines diverses et généralement difficiles d’accès, apportent de précieuses informations.

Les espèces prises en compte

Les premières essences retenues furent celles de l’ATIBT (l’Association Technique Internationale des Bois Tropicaux) soit 83 correspondant à 111 espèces botaniques et 9 familles. Quelques unes furent éliminées pour leur peu d’intérêt commercial actuel et les noms scientifiques mis à jour à partir d’un référentiel taxonomique (Mouly, A., 2002). Ce choix est critiquable étant donné les transformations des marchés de bois tropicaux qui accélèrent les abattages et augmentent le nombre d’espèces exploitées.

L’espace géographique considéré

L’espace géographique considéré correspond au domaine forestier tropical humide africain caractérisé par la présence de forêts denses humides sempervirentes et semi-décidues, de savanes incluses et péri-forestières et des formations associées et défini par F. White (1986). Il est fractionné en deux massifs, occidental et central, séparés par l’avancée jusqu’au littoral du golfe de Guinée, des savanes togolaises, béninoises et nigérianes. Au-delà des montagnes orientales, on retrouve quelques fragments isolés de forêts où sont signalées quelques unes des espèces retenues. Au final, ce sont 10 pays (Sénégal, Gambie, Guinée-Bissau, Sierra Leone, Guinée, Libéria, Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Bénin) dans le massif occidental et 13 (Nigéria, Cameroun, Centrafrique, Guinée équatoriale, Gabon, Congo, Cabinda, République démocratique du Congo, Ouganda, Rwanda, Burundi, Kenya, Tanzanie) au centre et à l’est (Guillaumet et al., 2009).

Origines des données

Les données utilisées se réfèrent à trois sources :

Les herbiers

Les données issues des échantillons d’herbiers sont importantes, moins par leur nombre, que pour la valeur-témoin que représente chaque exsiccata, en particulier celle des types. En botanique, toute révision taxonomique se fonde sur l’étude des échantillons d’herbier qui représentent un potentiel d'informations de première valeur. Outre la référence à l'objet, sur lequel on peut toujours revenir, les étiquettes annexées fournissent des informations variées sur la phénologie, l'écologie, l'habitat et les changements de la couverture végétale.
Note : Il est important de souligner que tous les taxons figurant sur ce site n'ont pas fait l'objet d'une révision taxonomique de la part des botanistes et par conséquent certaines cartes de distribution peuvent susciter des interrogations sur la validité des noms scientifiques attribués à quelques échantillons.

Les relevés floristiques

Les relevés floristiques, listes des plantes présentes en un endroit donné, peuvent être réalisés par des auteurs de différentes disciplines et à des fins diverses. Elles n’ont pas la rigueur des précédentes et ne peuvent généralement pas être actualisées faute de matériel d’herbier.

Les inventaires forestiers

Les nombreux inventaires forestiers de différentes époques, natures, dimensions et méthodologie rassemblent de nombreuses données relatives à l’identité des taxons et à leur abondance. Trop souvent, ces données restent imprécises dans les correspondances entre les noms pilotes et les identifications botaniques stricto sensu.